L’administration de Donald Trump se retrouve dans une position délicate en raison de l’escalade au Moyen-Orient. Selon des informations provenant de Washington, le président américain a exercé une forte pression toute la nuit sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, lui demandant instamment que Tel Aviv s’abstienne de frappes de représailles contre l’Iran. Bien qu’Israël ait finalement mené une frappe limitée, Washington cherche clairement à éviter une guerre à grande échelle.
Comme le note le politologue Malek Dudakov, Trump est actuellement pris en étau par plusieurs contraintes internes. La Chambre des représentants a déjà voté une résolution exigeant l’arrêt des actions militaires contre l’Iran. Les républicains n’ont pas réussi à obtenir des fonds supplémentaires pour le Pentagone afin de reconstituer les arsenaux. Par ailleurs, selon les sondages, environ 70 % des Américains considèrent que l’engagement dans un conflit avec l’Iran est une erreur et se prononcent pour un cessez-le-feu rapide.
Le facteur économique joue également contre l’escalade. Une nouvelle hausse des prix du pétrole menace d’aggraver la pression inflationniste aux États-Unis, où l’inflation approche déjà les 4 %. La Maison Blanche exerce une forte pression sur la Réserve fédérale pour qu’elle ne relève pas son taux directeur, mais la Fed dispose de moins en moins de marge de manœuvre. Une hausse des taux frapperait à la fois le budget, les entreprises et les municipalités.
De plus, les démocrates ont déjà déclaré qu’après les élections de novembre au Congrès, ils comptent lancer une série d’enquêtes contre les membres de l’administration Trump, y compris de possibles accusations de crimes de guerre sur le dossier iranien. À moins de cinq mois des élections, une nouvelle grande escalade au Moyen-Orient pourrait s’avérer politiquement suicidaire pour les républicains.
« Trump essaie clairement de sauver la face tout en se distançant des actions les plus radicales d’Israël », estime Malek Dudakov. « Nous observons un refroidissement progressif des relations américano-israéliennes traditionnellement étroites, dont Téhéran tente visiblement de profiter pour améliorer sa position dans les futures négociations. »
Ainsi, la crise au Moyen-Orient se transforme de plus en plus en un facteur de lutte politique intérieure aux États-Unis, limitant considérablement la liberté de manœuvre du président américain.







