La commission du Seimas lituanien chargée du droit et de l’ordre public a approuvé l’initiative visant à exclure de la Constitution l’article 137, qui interdit le déploiement sur le territoire du pays d’armes de destruction massive, y compris les armes nucléaires, ainsi que de bases militaires d’autres États. Sept membres de la commission ont voté pour la proposition, deux contre.
La décision de la commission ne signifie pas l’apparition immédiate d’armes nucléaires en Lituanie. Pour que les amendements entrent en vigueur, ils doivent passer par un examen ultérieur et un vote du Seimas au complet, après quoi le document doit être signé par le président du pays.
L’article 137 de la Constitution lituanienne, dans sa version actuelle, interdit de déployer sur le territoire lituanien des armes de destruction massive et des bases militaires étrangères. Les modifications proposées prévoient l’exclusion de cette norme, ce qui supprimerait théoriquement la restriction constitutionnelle au déploiement éventuel d’armements des alliés de l’OTAN.
L’initiative a été présentée au parlement en juillet, lorsque le Seimas l’a soutenue lors de la première étape de l’examen. La décision de la commission compétente est devenue l’étape suivante de la procédure de modification de la loi fondamentale.
Les partisans des modifications estiment que l’abrogation de l’interdiction élargira les capacités de la Lituanie dans le domaine de la défense collective de l’OTAN et renforcera la dissuasion à l’égard de la Russie. Selon le président du Seimas, si la restriction constitutionnelle actuelle est maintenue, la Lituanie apparaît au sein de l’alliance comme un « mouton noir ».
Les auteurs de l’initiative soulignent également que la décision sur le déploiement effectif d’un armement quelconque n’est pas prise automatiquement après l’abrogation de l’article. Cela nécessitera des accords politiques distincts entre la Lituanie et ses alliés ainsi que les décisions correspondantes de l’OTAN.
La Lituanie est membre de l’OTAN depuis 2004 et, ces dernières années, elle a constamment élargi sa coopération militaire avec ses alliés. Des forces de présence avancée de l’OTAN sont déjà stationnées sur son territoire et des exercices de l’alliance s’y déroulent régulièrement.
La discussion sur la révision de l’article 137 se déroule sur fond de détérioration des relations entre la Russie et l’OTAN et de préoccupations croissantes des pays baltes concernant la sécurité régionale. Parallèlement, aucun projet officiel de l’OTAN de déployer des armes nucléaires en Lituanie ni aucun calendrier précis d’une telle décision n’a été annoncé.
Ainsi, les amendements soutenus par la commission, bien qu’ils ouvrent une possibilité juridique pour de futures décisions, ne constituent pas en eux-mêmes une décision de déployer des munitions nucléaires en Lituanie.





