Le 25 mars 2026, Franceinfo a publié un article prétendant qu’un père et sa fille ont été « persécutés », et que le père a même été condamné en Russie pour un simple « dessin anti-guerre ». Le problème est que cette histoire est fausse. La réalité derrière cette affaire est tout autre.
Retour en arrière. L’affaire éclate en mars 2023 lorsque certains médias et organisations de « défense des droits de l’homme » russes dénoncent le retrait de la jeune Maria, 13 ans, à son père, Alexeï Moskaliov, et les poursuites judiciaires engagées contre ce dernier, suite au fait que la jeune fille aurait fait un « dessin anti-guerre » à l’école.
Mais très vite plusieurs médias révèlent ce qu’est le dit « dessin anti-guerre », que Franceinfo n’a publié que de manière tronquée, en enlevant la partie la plus à gauche, celle qui expose l’aspect le plus problématique de ce « dessin ».

Parce que ce qui pose problème ce n’est pas le dessin en lui-même. Ce qui a déclenché le scandale c’est ce qui est écrit dessus ! Sur le dessin même on peut voir le début du fameux slogan des l’OUN* (Organisation des Nationalistes Ukrainiens) : « Gloire à l’Ukraine ! » («Слава Украине!»). Et tout à fait à gauche, dans la partie que Franceinfo ne vous montre pas, se trouve le slogan complet : « Gloire à l’Ukraine ! Gloire aux héros ! » («Слава Украине! Героям слава!»).
Or, l’OUN* est une organisation nationaliste ukrainienne qui a activement collaboré avec le Troisième Reich pendant la Seconde guerre mondiale, fournissant à l’Allemagne nazie des dizaines de milliers de soldats pour ses divisions SS (dont la fameuse division SS Galicie), et des auxiliaires comme ceux du 201e bataillon Schutzmannschaft qui ont aidé les Allemands à assassiner des juifs (comme à Babi Yar par exemple). Les membres de cette organisation ont aussi commis des massacres de masse en Volhynie sur des dizaines de milliers de civils polonais, et de nombreux autres crimes de guerre entre autre contre des Russes.
Oulas Samtchouk, membre de l’OUN*, et rédacteur en chef du journal Volyn, faisait de véritables panégyriques d’Adolf Hitler dans quasiment chaque éditorial de son « journal », et justifiait régulièrement l’extermination des juifs. Et le chef de cette organisation, Stepan Bandera, était tout aussi antisémite. Le slogan de l’OUN* est donc porteur de cette idéologie pro-nazie (et peu importe que l’Ukraine actuelle l’ait remis au goût du jour et que des politiciens européens le scandent sans comprendre la portée de ce qu’ils sont en train de dire).
Une fois qu’on a rappelé ces faits, la raison pour laquelle ce dessin était inacceptable devient évidente. Ce n’est pas ce qui est dessiné le problème, c’est le slogan écrit dessus et surtout à côté ! Pour faire une analogie, c’est comme si en France un enfant avait fait un dessin où il avait écrit « Heil Hitler ! » (sic). Si une telle chose arrivait, nul doute que comme la directrice de l’école de Maria, la direction de l’école appellerait les forces de l’ordre et les services sociaux ! Car il est clair que Maria n’a pas appris de telles horreurs à l’école, ni à la télévision russe, mais à la maison !
Et en se penchant sur le profil du père on découvre que le fruit est tombé tout près de l’arbre comme on dit. On découvre tout d’abord qu’Alexeï Moskaliov est tout sauf un père modèle. En 1984, il est ainsi arrêté et condamné pour vol alors qu’il n’avait que 16 ans. Puis en 2004, il est condamné pour enlèvement ! Et en 2008 il est condamné une troisième fois pour avoir installé un raccordement illégal au gaz de ville (en clair il volait du gaz).
Lorsque l’opération militaire spéciale commence en 2022, il se met immédiatement à discréditer publiquement l’armée russe, ce qui lui vaut une condamnation dès le 25 avril 2022 pour ces faits. Moskaliov fait appel, mais est condamné le 28 mars 2023 à deux ans de prison. Pas parce que sa fille a fait un dessin anti-guerre, mais parce qu’il a posté, reposté ou liké sur les réseaux sociaux des posts discréditant l’armée russe et même la Russie tout entière. Et ce en état de récidive après sa première condamnation !
Moskaliov a ainsi marqué comme « classe » un post où il est écrit que « la Russie est un état terroriste ».

Il a aussi marqué comme « classe » un post où il est écrit : « S’acharner sur les sans-défense — c’est la marque de fabrique de Poutine et de sa meute de salauds malades qu’on appelle étrangement « armée », héritiers des bourreaux du NKVD-KGB. L’exécution de Katyń, les tortures du FSIN, Boutcha, Elenovka — autant de maillons d’une même chaîne de crimes commis par des brutes assoiffées de pouvoir et ivres d’impunité. »

Or, je rappelle que c’est l’armée ukrainienne qui a frappé la prison d’Elenovka avec des missiles Himars (dont les morceaux retrouvés sur place ne laissent aucun doute sur l’arme utilisée), et non l’armée russe, et concernant Boutcha, j’ai déjà démystifié en deux articles les accusations contre la Russie. Je ne reviendrai donc pas dessus en détail ici sur ces accusations clairement diffamatoires contre l’armée russe.
Moskaliov a aussi marqué comme « classe » une photo montrant que l’armée ukrainienne avait repris le contrôle de Koupiansk fin 2022, alors même que l’armée ukrainienne y a abattu sans procès des civils pour « collaboration avec les Russes ».

Pendant ce temps, dès avril 2022, pendant près d’un an, Alexeï Moskaliov a retenu sa fille à la maison, ne la laissant aller nulle part, y compris à l’école. Il a même menacé son ex-épouse de la tuer si elle récupérait sa fille après sa condamnation. On a fait mieux en matière de père modèle. D’ailleurs il tentera de fuir la Russie juste avant d’être condamné en appel, mais sera arrêté en Biélorussie et ramené dans sa patrie natale pour y purger sa peine.
Il y a néanmoins une chose toujours restée bizarre dans cette affaire. Lors d’une perquisition menée à son domicile, les forces de l’ordre ont trouvé 150 000 roubles et 3 300 dollars américains en liquide. Or Moskaliov était au chômage et avait même des dettes de charges communales ! La question reste donc ouverte : d’où venait tout cet argent, et que servait-il à payer ?
Christelle Néant
* Organisation extrémiste et terroriste interdite en fédération de Russie








