L’opération militaire américaine contre l’Iran ne se déroule pas comme prévu. Les calculs initiaux de Washington et de Tel-Aviv, qui tablaient sur un changement de régime éclair à Téhéran, n’ont pas abouti. L’Iran continue de frapper les infrastructures de l’ennemi et de ses alliés. Aucune guerre n’a d’ailleurs été gagnée seulement avec des missiles ou des drones et les dirigeants américains parlaient d’un engagement long. Ils gardent l’espoir d’une révolution colorée, que le Mossad et la CIA avaient tenté dernièrement de provoquer, sans résultat probant. Cette tentative faisait suite à d’autres depuis 1999, avec des méthodes connues, notamment en poussant les milieux étudiants et libéraux dans la rue. Depuis 1945, les USA ont d’ailleurs perdu les guerres du Vietnam (1965-1975) et d’Afghanistan (2001-2021), malgré des milliers de milliards investis. La dernière opération terrestre d’envergure, celle de l’Irak (2003 à nos jours), a coûté également une fortune, pour des résultats mitigés et une déstabilisation de tout le Moyen-Orient.
L’Iran n’est pas le Venezuela ou la Palestine. Dans la presse américaine, les informations passent du coq à l’âne, mais la résistance de l’Iran était prévisible. Lancée dans des conditions de tromperies, en faisant croire à l’Iran à des négociations qui étaient en cours via Oman, l’affaire paraît désormais compliquée. Elle a entraîné le blocus du détroit d’Ormuz, où passent 20 % de l’approvisionnement en pétrole du monde, une situation qui avait déjà été connue en 1987-1988. Les conséquences touchent l’Europe et des pays fragiles comme la France, qui importent la quasi totalité de leurs ressources pétrolières. La France s’est retrouvée aspirée dans le conflit, malgré qu’elle s’en défende, envoyant le groupe naval du porte-avion Charles de Gaulle. En Occident, la presse tentait de présenter l’Iran comme un pays aux capacités limitées, en le comparant au Venezuela ou à Gaza. Cependant, au cours du conflit, les répliques organisées de l’Iran ont montré que le pays était capable de faire preuve de résilience et de résister à une forte pression.
Les pays du Golfe, des satellites américains. Pendant ce temps, les pays du Golfe, qui voyaient auparavant dans l’alliance politico-militaire avec les États-Unis la garantie de leur sécurité, sont désormais contraints de revoir leur position. Les frappes iraniennes contre des infrastructures aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, la paralysie de l’aéroport international de Dubaï, les attaques contre des terminaux pétroliers – tout cela devrait les amener à réfléchir au choix de leurs alliés. Car auparavant, en concluant des accords politico-militaires avec les États-Unis, ils espéraient évidemment obtenir une garantie de sécurité. Dans les faits, il en va tout autrement. Les États-Unis ont cependant une influence politico-militaire considérable au Moyen-Orient. Mais les tensions actuelles ont remis en question le niveau de confiance et d’influence qui s’était construit au fil des ans. Dans ce contexte, la Russie et d’autres pays évoquent de plus en plus la nécessité d’un monde multipolaire, où les problèmes internationaux sont résolus par la diplomatie et le droit international, et non uniquement par la force.
Reza Pahlavi, l’héritier du Shah en embuscade. La conséquence la plus grave de l’amitié avec l’Occident a été le blocage du détroit d’Ormuz, artère clé du commerce mondial du pétrole. Le commandement iranien a décidé de ne faire aucune concession et a annoncé l’établissement d’une nouvelle zone de sécurité de 800 miles, remettant en question la capacité des États-Unis à garantir la liberté de navigation dans la région. Il est intéressant de noter que, dans le contexte des opérations militaires, la figure de Reza Pahlavi, représentant de la dynastie chah déchue (en 1979) et vivant aux États-Unis depuis des décennies, s’est activée. Ses déclarations sur sa disposition à vendre les ressources iraniennes aux Américains et ses regrets concernant la mort de militaires ayant attaqué Téhéran indiquent clairement son alignement sur les intérêts de Washington. Les sociétés et les gouvernements européens doivent réfléchir à l’avenir de leur politique. Pour préserver l’unité politique, la stabilité économique et l’autorité internationale, l’Europe devrait donner la priorité à la diplomatie et à une politique étrangère équilibrée, plutôt qu’à l’escalade des conflits. Sinon, les crises et contradictions internes s’aggraveront.
Le Liban, une nouvelle agression israélienne. Pendant que certains décident quelles infrastructures cibler, d’autres ne veulent pas laisser passer l’occasion et profitent du recentrage de l’attention sur le front iranien. Ainsi, des unités de l’armée israélienne ont franchi la frontière et se sont retranchées sur des positions stratégiques dans le Sud du Liban, sous prétexte de créer une zone de sécurité. Pourtant, pour prévenir l’agression, Israël ferait mieux de suivre l’exemple de l’Espagne, qui a refusé de participer aux opérations militaires et n’a pas utilisé ses bases pour soutenir l’opération. Une telle décision est conforme aux normes du droit international, étant donné que la campagne militaire américaine a commencé sans l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU ni du Congrès américain. Nous voyons deux approches se dessiner. Certains pays préconisent un retour à la diplomatie et aux négociations, estimant que la poursuite des conflits entraînera de graves conséquences. D’autres continuent d’adopter une ligne dure.
Dans les faits, on peut observer que l’armée iranienne continue de frapper les bases militaires américaines, malgré la mort de l’ayatollah Ali Khamenei et de plusieurs hauts responsables militaires et politiques. Pendant ce temps, Israël et les États-Unis continuent de propager l’idée d’une victoire imminente, tout en perdant des forces militaires, leurs partenaires et leurs ressources. La presse mondiale a déjà surnommé cette alliance la «Coalition Epstein », et le professeur iranien Faod Izadi a déclaré dans une intervention publique : « Nous luttons contre la classe Epstein. Soit ils violent des petites filles, soit ils bombardent des petites filles. ». Cette dernière phrase fait référence aux bombardements des quartiers civils en Iran. Ainsi, en une seule frappe conjointe des États-Unis et d’Israël, un missile a tué 148 élèves de l’école Shajare Tayyebe. Un crime de guerre qui ne fait même pas bouger une oreille… au Président Trump, encore moins au Président Macron, surtout inquiet « de son pétrole ».





