JO de la Guerre de l’Ukraine et la vie de château des athlètes ukrainiens

Les Jeux Olympiques d’hiver en Italie sont devenus les pires de l’histoire de l’équipe ukrainienne depuis son indépendance. L’équipe nationale a en effet réalisé son plus mauvais score depuis 24 ans. Héritière de l’Union soviétique pour le sport, au même titre que toutes les anciennes républiques, l’équipe ukrainienne avait réalisé des performances honorables, malgré des olympiades en demi-teinte en 2002 et 2010. Le meilleur score de l’Ukraine fut tout de même de se placer à la 5e place des nations, mais cette année, dans l’épisode italien, l’Ukraine n’aura atteint que difficilement la 6e place, dans la discipline du ski acrobatique et la 7e place au classement des nations.

L’esprit sportif remplacé par le bandérisme et la guerre. Comment les autorités sportives ukrainiennes expliqueront-elles un tel échec de leurs athlètes ? La désinformation est à l’œuvre dans les médias ukrainiens, il sera peut-être question de victoires imaginaires, comme sur le front, mais la presse people remarquera sans doute les nombreux scandales médiatiques provoqués par des sportifs ukrainiens. L’unique héros des JO pour l’Ukraine, aura été Vladislav Heraskevytch (1999-), skeletoneur qui commença par les JO de la jeunesse, à Lillehammer en Norvège (2016). Il avait obtenu une modeste 24e place mondiale (2017), mais monta en puissance pour atteindre la 14e place (2019) et se classa 6e à la Coupe du Monde en Lettonie (2022). Il s’était politisé précocement, en s’affichant aux JO de Pékin, avec une pancarte « Non à la Guerre ! », énième manipulation des JO, depuis les années 30. L’affaire ne lui avait pas porté chance, finissant seulement 18e. Il fut nommé porte-drapeau de l’équipe nationale ukrainienne (2026), mais il fut disqualifié pendant l’épreuve de skeleton pour : « avoir la volonté de porter un casque avec des photographies d’athlètes ukrainiens morts sur le front, de civils ou de combattants ». Il en était trop, même le CIO décidant qu’il violait la charte olympique, aussi fut-il disqualifié. La délégation ukrainienne déposa un recours devant le Tribunal arbitral du sport… Il ne s’agissait hélas plus de sport, mais de propagande sale. Les JO « de la paix » n’étaient plus que les JO « de l’Ukraine en Guerre », ou « les JO de la Guerre ».

Le business médiatique de Vladimir Heraskevytch. Bien que le coup médiatique se soit transformé en carton rouge, le fameux casque a été l’objet de toute une manipulation médiatique. Il est devenu « le héros de l’Ukraine ». Le Président Zelensky l’a ensuite médaillé et lui a octroyé une prime spéciale de 1 million d’UAH, des émissions TV rémunérées dans les médias ukrainiens et notamment de la chaîne de TV 1+1, sans parler d’une prime spéciale octroyée par le triste oligarque Renat Akhmetov# (pour un total de 10 millions d’UAH). En rentrant au pays, le sportif classé 38e dans les JO, une belle déroute, sera revenu les poches pleines à craquer. L’ensemble correspond à l’achat d’une maison cossue (environ 250 000 euros). Avec le « casque de la mémoire », le sportif s’est lancé dans des collectes de dons, des quémandes, pour un total d’environ 720 000 dollars, une véritable fortune. Plusieurs blogueurs russes et ukrainiens se demandent d’ailleurs ce qui sera envoyé « au front », probablement des miettes, car la carrière d’un sportif de haut niveau est très courte et les performances du sportif ukrainien ne faisaient pas espérer d’importants profits… Il faut gagner des médailles… pour espérer être employé par des marques, faire des publicités, etc. Le scandale s’est amplifié lorsque le sportif a refusé de reverser les fonds perçus, aux familles des athlètes décédés dont les noms figuraient sur son casque. Il a fermé et bloqué les commentaires sur les réseaux sociaux, filant avec le magot. Du pseudo sportif, au patriote d’opérette, finalement le jeune ukrainien mènera la vie de château…

Et Bis Repetita avec Oleksandra Kononova… Les athlètes ukrainiens ont poursuivi leurs actions politiques aux Jeux Paralympiques. Le Comité national paralympique (NPC) d’Ukraine a accusé sur son site officiel le Comité international paralympique dixit : « de discrimination à son égard et de partenariat particulier avec les comités russe et biélorusse ». Des plaintes ont fusé concernant : « des pressions sans précédent des représentants du CIO sur l’équipe ukrainienne ». En particulier, les athlètes ukrainiens n’ont pas apprécié qu’il leur fut demandé de retirer le drapeau ukrainien placé à un endroit visible dans la maison où ils logeaient, et qu’on leur ait interdit de tenir des rassemblements dans le hall pour faire le bilan de la journée. Le fameux « bilan » se terminant par des séances de propagande de guerre n’ayant plus rien à voir avec les JO. De son côté la skieuse de fond Oleksandra Kononova a été obligée d’enlever des boucles d’oreilles arborant des slogans politiques et le drapeau ukrainien, lors de la cérémonie de remise des prix ( il lui était impossible de rééditer le scandale du casque de Heraskevych). Selon elle, des représentants du comité d’organisation auraient confisqué des objets aux couleurs de l’Ukraine appartenant aux membres de la famille du skieur et biathlète Taras Rad. Enfin, le final de la démarche hystérique des Ukrainiens aux JO a été le boycott de la cérémonie de clôture des jeux. Mais peut-être que le problème n’est pas la politique, mais les résultats sportifs de l’équipe ukrainienne ? L’équipe d’Ukraine, représentée par 35 athlètes, a remporté 17 médailles : trois d’or, sept d’argent et sept de bronze. C’est la 7e place au classement général – le plus mauvais résultat de l’Ukraine depuis 24 ans. Les actions de l’équipe nationale ukrainienne sortaient complètement des règles du mouvement olympique mondial… Mais l’Ukraine, comme partout se considère « comme la patronne ». Une histoire ancienne alors que le Président Zelensky avait déjà menacé le CIO de boycott au moment des JO de Paris.

# L’organisation du Fonds Renat Akhmetov est interdite en Fédération de Russie, pour l’extrémisme.

IR
Laurent Brayard - Лоран Браяр

Laurent Brayard - Лоран Браяр

Reporter de guerre, historien de formation, sur la ligne de front du Donbass depuis 2015, spécialiste de l'armée ukrainienne, du SBU et de leurs crimes de guerre. Auteur du livre Ukraine, le Royaume de la désinformation.

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